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Foundational knowledge

Questionnaires ESG : Pourquoi les PME n’arrivent plus à suivre?

Ces derniers mois, un phénomène devient de plus en plus visible pour de nombreuses PME européennes.

Un client demande de remplir un questionnaire ESG de 40 questions.
Une banque demande des informations sur la consommation d’énergie et les émissions carbone.
Un appel d’offres inclut désormais une section sur les pratiques sociales et environnementales.

Pour beaucoup de dirigeants de PME, la situation est déroutante.

Ils ne sont pas soumis directement à la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive).
Ils n’ont pas d’équipe dédiée à la durabilité.
Et pourtant, les demandes d’informations ESG se multiplient.

Pourquoi cette pression apparaît-elle aujourd’hui ?

La réponse se trouve dans l’évolution du cadre réglementaire européen et dans la transformation progressive de la chaîne de valeur des grandes entreprises.


Une pression réglementaire indirecte qui se répercute sur les PME

La plupart des PME ne sont pas directement concernées par les obligations de reporting prévues par la CSRD, qui s’applique principalement aux grandes entreprises et aux sociétés cotées.

Cependant, cette directive a une conséquence majeure : les entreprises soumises à la CSRD doivent désormais analyser et publier des informations concernant l’ensemble de leur chaîne de valeur.

Autrement dit, elles doivent collecter des données auprès de leurs fournisseurs, partenaires et prestataires.

Cela signifie que des milliers de PME se retrouvent désormais sollicitées pour fournir des informations sur :

  • leurs émissions de gaz à effet de serre
  • leur consommation d’énergie
  • leurs politiques sociales
  • leurs pratiques de gouvernance
  • leurs relations avec leurs fournisseurs.
  • Cette dynamique est confirmée par plusieurs études récentes.

Selon le KPMG ESG Assurance Maturity Index 2024, 63 % des grandes entreprises obtiennent désormais une assurance sur tout ou partie de leurs informations ESG, contre 50 % l’année précédente. Cette évolution renforce la nécessité pour ces entreprises de collecter des données fiables, structurées et vérifiables auprès de leur écosystème.

En parallèle, les discussions autour du paquet législatif européen “Omnibus” présenté en 2025, visant à simplifier certaines obligations de la CSRD et des normes ESRS, ont créé beaucoup d’interrogations chez les entreprises.

Cependant, même si certaines exigences de reporting peuvent évoluer, la logique de transparence sur la chaîne de valeur reste au cœur de la réglementation européenne.

En pratique, cela signifie que les grandes entreprises continueront à demander des informations ESG à leurs partenaires et fournisseurs afin de :

  • analyser leurs risques de durabilité
  • répondre aux exigences des investisseurs et des banques
  • sécuriser leur propre reporting extra-financier.

Dans ce contexte, les PME deviennent une source essentielle d’informations pour les grandes entreprises, mais aussi pour les institutions financières, les donneurs d’ordre et les partenaires commerciaux.


Les banques jouent également un rôle déterminant

Un autre facteur explique l’augmentation des questionnaires ESG : le secteur financier.

Les banques européennes doivent désormais intégrer les risques ESG dans leur gestion du risque de crédit.

Les autorités européennes de supervision, notamment l’European Banking Authority (EBA), exigent des établissements financiers qu’ils identifient et évaluent les risques climatiques et environnementaux associés à leurs portefeuilles de prêts.

Pour y parvenir, les banques ont besoin d’informations sur leurs clients.

Certaines banques demandent désormais aux PME :

  • leur consommation énergétique
  • leurs émissions carbone estimées
  • leurs politiques environnementales
  • leurs plans de transition.

Même lorsqu’il ne s’agit pas d’une obligation réglementaire directe pour l’entreprise, ces informations deviennent progressivement un critère d’évaluation du risque financier.


La multiplication des questionnaires ESG

Le résultat de ces évolutions est très concret pour les PME : une multiplication rapide des questionnaires.

Ces questionnaires peuvent provenir de différentes sources :

  • clients grands comptes
  • institutions financières
  • appels d’offres publics
  • investisseurs
  • assureurs.

Le problème est que ces questionnaires ne sont pas harmonisés.

Chaque organisation utilise son propre format.

Certains contiennent une dizaine de questions.
D’autres dépassent cinquante ou soixante questions.

Et les sujets abordés varient largement.


Exemple typique de questions ESG envoyées aux PME

Voici quelques exemples de questions fréquemment rencontrées dans les questionnaires ESG.

Environnement

  • Disposez-vous d’un suivi de votre consommation énergétique ?
  • Mesurez-vous vos émissions de gaz à effet de serre (Scope 1, 2 ou 3) ?
  • Avez-vous mis en place des actions de réduction des déchets ?
  • Utilisez-vous des énergies renouvelables ?

Social

  • Avez-vous une politique de santé et sécurité au travail ?
  • Mesurez-vous les indicateurs d’accidents du travail ?
  • Disposez-vous d’une politique de diversité ou d’égalité professionnelle ?

Gouvernance

  • Existe-t-il un code de conduite ou une charte éthique ?
  • Avez-vous mis en place un dispositif d’alerte interne ?
  • Comment gérez-vous les risques de corruption ?

Chaîne d’approvisionnement

  • Évaluez-vous les pratiques environnementales ou sociales de vos fournisseurs ?
  • Disposez-vous de critères ESG dans votre sélection de fournisseurs ?

Pour une PME, répondre à ce type de questionnaire peut rapidement devenir un exercice complexe.


Le véritable problème : l’absence de système d’information ESG

Dans la majorité des cas, les PME possèdent déjà une partie des informations demandées.

Par exemple :

  • les factures d’énergie permettent de calculer la consommation énergétique
  • certaines politiques RH existent déjà
  • des procédures qualité ou sécurité sont en place.

Le problème est que ces informations sont souvent :

  • dispersées dans différents services
  • non structurées
  • rarement documentées dans une logique ESG.

Chaque nouveau questionnaire devient donc un exercice de reconstruction.

Les dirigeants ou responsables administratifs doivent rechercher l’information, la reformuler et la structurer à chaque demande.

À mesure que les demandes augmentent, cette situation devient difficilement gérable.


Une évolution vers des référentiels simplifiés pour les PME

Conscientes de cette situation, les institutions européennes ont commencé à travailler sur des solutions adaptées aux PME.

C’est dans ce contexte qu’a été développé le standard VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for SMEs).

Ce référentiel vise à fournir un cadre simplifié permettant aux PME de structurer les informations ESG les plus demandées.

L’objectif est double :

  • permettre aux PME de répondre plus facilement aux demandes de leurs partenaires
  • créer un langage commun entre entreprises.

Le VSME ne vise pas à transformer les PME en grandes organisations de reporting.

Il propose plutôt un socle d’informations essentielles.


Les thématiques ESG que les PME doivent aujourd’hui suivre

Dans la pratique, les questionnaires ESG se concentrent souvent sur un nombre limité de thématiques clés.

Parmi les plus fréquentes :

Consommation énergétique

  • électricité
  • gaz
  • carburants.

Émissions de gaz à effet de serre

souvent estimées à partir de la consommation énergétique.

Conditions de travail

  • accidents du travail
  • formation
  • bien-être des salariés.

Gouvernance

  • code éthique
  • prévention de la corruption
  • gestion des risques.

Chaîne d’approvisionnement

  • sélection des fournisseurs
  • critères sociaux et environnementaux.

En structurant ces informations de manière simple et cohérente, une PME peut répondre à une grande partie des questionnaires existants.


Structurer l’information plutôt que répondre au cas par cas

La multiplication des questionnaires ESG n’est probablement qu’une étape dans une transformation plus large.

Dans les années à venir, les demandes d’informations liées à la durabilité vont continuer à se développer.

La question pour les PME n’est donc pas seulement :

Comment répondre au prochain questionnaire ?

Mais plutôt :

Comment structurer une fois pour toutes les informations qui seront demandées régulièrement ?

C’est précisément l’objectif d’un système ESG minimal, aligné sur la logique du standard VSME.

Un tel système permet de :

  • centraliser les données clés
  • définir quelques indicateurs simples
  • documenter les pratiques existantes
  • répondre plus efficacement aux demandes externes.

Vers une approche pragmatique de la durabilité pour les PME

Contrairement à une idée répandue, la mise en place d’une démarche ESG ne nécessite pas toujours une transformation complexe.

Pour beaucoup de PME, il s’agit avant tout de :

  • structurer les informations existantes
  • définir quelques indicateurs essentiels
  • documenter les pratiques déjà en place.

Cette approche pragmatique permet de répondre aux attentes croissantes des partenaires économiques sans alourdir inutilement l’organisation.


Conclusion

La multiplication des questionnaires ESG n’est pas un phénomène passager.

Elle reflète une transformation profonde du fonctionnement des marchés européens, où les informations liées à la durabilité deviennent progressivement un élément normal de la relation économique.

Pour les PME, l’enjeu n’est pas de produire des rapports complexes.

Il s’agit surtout de structurer les informations clés que leurs partenaires demandent déjà.

Dans ce contexte, des référentiels simplifiés comme le VSME offrent une base intéressante pour construire une réponse proportionnée et adaptée à la réalité des petites et moyennes entreprises.


Que faire concrètement lorsque les questionnaires ESG se multiplient ?

Pour beaucoup de PME, la difficulté n’est pas le manque d’engagement.

La difficulté est le manque de structure dans les informations demandées.

Les entreprises disposent souvent déjà d’une partie des éléments nécessaires :

  • factures d’énergie
  • procédures RH
  • pratiques de gestion des fournisseurs
  • politiques internes.

Mais ces informations ne sont pas organisées de manière à répondre facilement aux demandes ESG.

Résultat :
chaque nouveau questionnaire devient un exercice fastidieux.


Une approche simple : structurer l’essentiel

Plutôt que de produire des rapports complexes, une approche plus pragmatique consiste à mettre en place un socle minimal d’informations ESG, structuré autour des indicateurs les plus demandés.

C’est précisément l’objectif du standard européen VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for SMEs).

Ce cadre a été conçu pour permettre aux PME de :

  • structurer les informations ESG essentielles
  • répondre plus facilement aux questionnaires de clients ou de banques
  • disposer d’un langage commun avec leurs partenaires économiques.

Construire un “Minimum ESG System”

Chez Eco Fluent Solutions, j’accompagne les PME dans la mise en place d’un Minimum ESG System aligné sur la logique du VSME.

L’objectif n’est pas de créer un reporting lourd.

Il s’agit plutôt de :

  • identifier les informations ESG les plus demandées
  • structurer quelques indicateurs clés
  • documenter les pratiques existantes
  • permettre à l’entreprise de répondre rapidement aux demandes externes.

Cette approche permet aux dirigeants de reprendre le contrôle sur les questionnaires ESG, sans transformer leur organisation en service de reporting.


Évaluer la situation de votre entreprise

Si votre entreprise reçoit déjà des questionnaires ESG de la part de clients, de banques ou dans le cadre d’appels d’offres, il peut être utile d’évaluer rapidement :

  • quelles informations sont déjà disponibles
  • quelles données manquent encore
  • comment structurer ces éléments de manière simple.

Vous pouvez réserver un échange exploratoire pour analyser votre situation et voir comment un système ESG minimal basé sur le VSME pourrait être mis en place dans votre entreprise.


Eco Fluent Solutions est un cabinet spécialisé en systèmes de management ISO et gouvernance de la durabilité.

Nous accompagnons les PME dans la transformation des exigences ISO et ESG en systèmes opérationnels, sans sur-documentation ni usine à gaz.